

Août 2025
La Vie de l'autre - numéro 24
JE RACONTE TON HISTOIRE
RENCONTRE AVEC LOUISE MARCHAND
TEXTE DU JOURNALISTE BENJAMIN
Louise Marchand, née le 2 avril 1948, est la cadette d’une famille de sept enfants. Native d’Asbestos, dorénavant appelée Val-des-Sources, elle a découvert « La Métropole » à l’âge de 14 ans, alors qu’elle a intégré un pensionnat. Cette expérience a été, pour elle, des plus bénéfiques, puisque cela lui a permis de découvrir son intérêt pour les études. Ayant grandi aux côtés d’une mère bipolaire, l’école n’a jamais, durant son enfance, été une priorité. Elle ne fréquentait son établissement scolaire que de façon intermittente, soit environ dix jours sur trente. Ce n’est donc réellement qu’à l’adolescence, loin de son coin de pays, qu’elle a pu s’épanouir.
Dès le départ, elle aspirait à devenir jardinière d’enfants, plus communément appelée éducatrice spécialisée. Elle a donc débuté ses études à l’Institut familial de St-Hyacinthe. Toutefois, ses plans ont rapidement changé lorsque sa myopie a commencé à lui poser des problèmes, notamment dans l’apprentissage de la couture. Elle s’est alors réorientée vers la médecine, où elle est devenue infirmière auxiliaire.
C’est après deux ans d’études que Louise obtient son diplôme d’infirmière, en 1969. Grâce à son travail acharné, elle réussit à se classer au quatorzième rang d’une cohorte de plus d’une centaine d’étudiants, ce qui correspond, encore aujourd’hui, à l’un des accomplissements qui lui apporte la plus grande fierté. Cette même année, elle épouse le conquérant de son cœur qui, quelques années plus tard, deviendra le père de ses deux enfants.
Puis, en 1982, elle fait son entrée à l’Hôpital Pierre-Le Gardeur de Terrebonne, dans le département des chirurgies. Durant ses années de service, elle participe à l’établissement de quatre grandes réformes du système médical :
Les infirmières auxiliaires ont dorénavant l’autorisation d’administrer de la médication à leurs patients, sans avoir à obtenir l’autorisation de l’infirmière en chef.
Les infirmières auxiliaires ont dorénavant l’autorisation de remettre les rapports concernant leurs patients directement à leur patron, sans avoir à passer, au préalable, par l’infirmière en chef.
Les portes des nouveaux hôpitaux doivent dorénavant avoir une largeur minimale de 36 pouces, afin de faciliter l’accès aux patients nécessitant l’utilisation d’une chaise roulante.
Les salles, qui correspondaient à des chambres pouvant contenir jusqu’à quatre lits, soit quatre patients différents, ont été abolies du système.
Ces changements, Louise s’est battue pour les obtenir. Elle a fait entendre son message à maintes reprises, s’assurant ainsi de procurer à ses patients le meilleur espace de vie possible. Parfois, elle réservait même ses heures de pause à ceux qui ne recevaient pratiquement aucune visite, leur offrant un brushing ou encore une séance de maquillage.
En 2005, alors qu’elle s’apprêtait à prendre sa retraite, elle a pris la décision de suivre un cours supplémentaire qui lui procurerait les connaissances nécessaires à la pratique de prises de sang. Finalement, en 2006, quarante ans après ses débuts, elle a mis fin à sa carrière.
Depuis, elle partage son temps entre sa famille et ses diverses passions. Pendant quatre années consécutives, elle a majoritairement consacré son temps à ses cours de peinture, dans lesquels elle a pu perfectionner ses techniques. Depuis 2010, Louise participe également aux activités de la chorale de son quartier, rassasiant ainsi son amour de la musique. Sa passion, sa bonté, son humilité, son audace et sa patience sont toujours présentes dans tout ce qu’elle fait, n’accentuant que davantage son caractère d’exception.



