

Août 2025
La Vie de l'autre - numéro 24
JE RACONTE TON HISTOIRE
RENCONTRE AVEC DANIELLE COUTU
TEXTE DU JOURNALISTE BENJAMIN
Danielle Coutu est la plus jeune d’une famille de 5 enfants. À sa naissance, en 1953, ses chevilles étaient tournées vers l’intérieur. Il a fallu les casser pour les redresser, une opération douloureuse suivie de plusieurs années dans des bottines orthopédiques jusqu’à sa 6e année. Danielle avait beaucoup de problèmes à l’école puisqu’elle parlait énormément en classe. Elle a même fini par redoubler sa 4e année. Cependant, à sa 7e année, elle a été classée en « allégée », alors que toutes ses amies étaient en sciences. Donc, elle a étudié énormément et a fait des cours d’été pour finalement aller en sciences elle aussi.
Entre-temps, elle postule pour un emploi dans un grand magasin anglophone. Petit détail : elle ne parle pas un mot d’anglais. Lors de l’entrevue, quand on lui demande si elle maîtrise la langue, elle répond simplement « Oui, oui ! », avec assurance. Et contre toute attente, elle est engagée sur-le-champ. Elle garde son travail jusqu’à la fin de son cégep, vers 20 ans.
C’est là que sa vie d’adulte commence vraiment. Elle rencontre Robert Harpin, son futur mari, lors d’une soirée entre amis. Rapidement, ils emménagent ensemble et fondent une famille. À 21 ans, Danielle devient mère. À une époque où les garderies sont rares, elle fait le choix de rester à la maison pendant 10 ans pour élever sa fille, Caroline.
Mais elle ne s’arrête pas là. En parallèle, elle continue à apprendre : couture, tricot, tissage… Elle se passionne pour les métiers manuels, jusqu’à donner des cours. Plus tard, elle retourne sur le marché du travail. Elle travaillera 23 ans dans un bureau chez Purolator, un emploi qu’elle apprécie surtout pour les horaires : elle terminait tôt, ce qui lui laissait du temps pour sa famille.
Danielle a toujours aimé découvrir et apprendre. Encore aujourd’hui, elle suit des formations par intérêt personnel. Et puis, il y a le voyage. Toute petite déjà, elle rêvait de visiter le monde en regardant les films espagnols de Marisol. Une fois adulte, elle réalise ce rêve : Espagne, France, Belgique, Portugal, Mexique… Elle garde un souvenir particulièrement ému de son premier voyage en Espagne, quand elle a reconnu en vrai les paysages de son enfance à l’écran.
Parmi les souvenirs marquants qu’elle partage, certains révèlent une personnalité vive, protectrice et déterminée. Enfant, voyant un garçon embêter son frère, elle congèle une boule de neige puis l’utilise pour venger son frère. Le garçon termine avec un œil au beurre noir ; sa mère paie le médecin, et Danielle est punie.
Plus tard, alors que sa fille joue à l’extérieur, elle s’inquiète de ne plus la voir. Alors, Danielle panique et se met à la chercher partout avant de la retrouver chez sa belle-mère, en train de manger une glace.
Au fil des années, Danielle a aussi joué un rôle essentiel dans la réussite de sa fille. Elle l’a soutenue moralement et financièrement pendant ses études universitaires. Elle est aujourd’hui très impliquée dans la vie de ses petits-enfants et arrière-petits-enfants. La transmission fait partie intégrante de sa vision de la famille. Danielle se définit comme une femme généreuse, patiente, tenace. Très proche de ses petits-enfants, elle continue d’adorer les petits plaisirs de la vie : apprendre, aider et passer du temps avec ceux qu’elle aime.



