

Juillet 2025
La Vie de l'autre - numéro 23
JE RACONTE TON HISTOIRE


RENÉE GAUDET
Madame Gaudet adore passer du temps à l’extérieur. Dès qu’elle en a l’occasion, elle sort profiter de l’air frais pour, comme elle le dit avec humour, « se reposer du repos ».
Le reste du temps, elle se laisse captiver par la télévision. Ce qu’elle préfère, ce sont les quizz, surtout Tout le monde veut prendre sa place, qu’elle regarde fidèlement sur TV5. Elle trouve toutefois dommage qu’il n’y ait pas de quizz organisés dans sa résidence. Elle aimerait beaucoup y participer, à condition qu’on tienne compte des différents niveaux de difficulté. Passionnée de jeux depuis longtemps, elle a même créé un jeu pour Couche-Tard durant sa carrière!
Madame Gaudet a d’abord étudié en gestion, avant de devenir professeure à l’université, où elle enseignait la communication et la gestion. En 1978, elle fonde sa propre entreprise, qu’elle dirigera jusqu’à sa retraite. Depuis, c’est sa fille qui a repris les rênes, une continuité dont elle est très fière. Madame Gaudet est d’ailleurs mère de trois enfants, deux filles et un garçon, et parle d’eux avec un grand sourire. Elle est aussi arrière-grand-mère. Son arrière-petite-fille lui rend parfois visite, au grand bonheur de Madame Gaudet qui adore la voir courir partout, débordante d’énergie. Elle a partagé sa vie avec un homme anglophone, et leurs enfants ont grandi dans un environnement bilingue. D’ailleurs, certains de ses petits-enfants portent des prénoms à consonance anglaise, reflet d’une belle mixité culturelle qui l’enrichit encore aujourd’hui.
ROLANDE ROCHAT
Madame Rochat fait du bénévolat au Manoir St-Patrice, convaincue que la vie lui a tant offert qu’il est naturel de redonner au suivant. Ce rôle lui permet aussi de rester connectée au monde et d’échanger avec les gens, ce qu’elle apprécie profondément.
Avant même l’ouverture de la Cité de la Santé, où elle a été aide-infirmière pendant des années, elle travaillait déjà auprès des aînés. Cette proximité l’a toujours touchée. Aujourd’hui encore, elle garde une affection particulière pour les personnes âgées. À ses yeux, il est essentiel que les aînés puissent parler, échanger, se sentir écoutés. C’est cette conviction qui la pousse à offrir son temps chaque semaine, une ou deux fois, dans un esprit de partage. Le reste du temps, elle cultive son jardin, lit beaucoup et prend plaisir à écrire.
Née en Suisse, elle y a grandi avant de traverser l’Atlantique avec son mari, motivée par un goût d’aventure. Leur séjour au Canada devait être temporaire… jusqu’à ce qu’elle tombe enceinte. Ce grand tournant les a incités à s’y établir pour de bon. Elle a eu trois enfants — deux filles et un garçon — et compte maintenant des arrière-petits-enfants qui remplissent sa vie de bonheur.
Les débuts n’ont pas été simples : même si la langue était la même, l’accent québécois lui semblait presque étranger. Et comme elle était protestante, elle a parfois ressenti le regard critique d’un Québec encore très catholique.
Cinq ans après son arrivée, elle est retournée quelques mois en Suisse. Pourtant, elle s’y est sentie étrangère, plus invitée que membre de la famille. Heureusement, sa mère et sa sœur ont aussi choisi le Canada : ce lien lui a permis de rester proche d’elles. Ce qui lui manque? Les montagnes. Là-bas, elles étaient tout près d’où elle habitait, et madame Rolande skiait souvent. Mais ici, elle aime la grandeur du territoire et l’espace qui respire. À 96 ans, elle vit encore pleinement : elle fait ses courses, entretient sa maison, conduit sa voiture et, bien sûr, continue de faire du bénévolat avec le même enthousiasme.


