

Juillet 2025
La Vie de l'autre - numéro 23
JE RACONTE TON HISTOIRE



NICOLAS BRODBECK
Artisan et passionné par son métier, Nicolas Brodbeck nous parle du parcours qui l’a mené à devenir céramiste potier. Nicolas naît à Bâle, en Suisse allemande, où il vit paisiblement sa jeunesse, accompagné de son frère aîné et de sa sœur cadette.
À 15 ans, son père l’inscrit dans une école de céramique où il apprend sa future profession et, du même coup, le français. Quatre ans plus tard, à 19 ans, il gradue comme mouleur, modeleur, céramiste.
En 1962, il décide de suivre le rêve de son frère et d’aller habiter dans un pays nordique : le Québec. Il débute sa carrière à Montréal en créant ses poteries à Lachine. Il vend ses pièces à la Centrale d’artisanat sur la rue St-Denis. Lorsque son frère déménage à Pierrefonds, Nicolas entend parler d’un potier et décide d’aller le rencontrer. Le courant passe tellement bien entre les deux artisans que Nicolas devient locataire de ce potier : Pierre Legault. À ce moment, Nicolas expose et vend ses pièces dans cette boutique pour payer son loyer.
Cinq ans plus tard survient l’un des événements qui marquera à jamais l’histoire du Québec : l’Expo 67. Ce grand rendez-vous international devint un moment important dans la vie de Monsieur Brodbeck. Vu le nombre considérable de touristes dans la région, il vendit beaucoup de ses créations cet été-là. Il amassa un montant d’argent conséquent qui lui permit d’acheter sa première maison.
Un peu plus tard, Nicolas décide de prendre la voie de l’enseignement et devient professeur de poterie dans plusieurs écoles, dont le Cégep du Vieux-Montréal, le Collège John-Abbott et la Maison Notre-Dame de Laval, où il est alors nommé responsable de l’activité de céramique pour les jeunes délinquantes. Nicolas affirme que pour ces filles : “La poterie était une thérapie.”
L’artisan nous explique aimer son métier.
“C’est comme une roue qui tourne,” dit-il.
“Il y avait toujours des pièces à faire, des pièces à finir,
certaines à vendre, d’autres à faire cuire et de nouvelles à inventer.”
C’est aussi grâce à la poterie qu’il a rencontré sa femme, Jacqueline Lemay, grande potière qui fabriquait les crèches de Noël pour l’Oratoire St-Joseph. Dans un autre ordre d’idées, Alexandre Stephanesco, son neveu, membre du parti de René Lévesque, de même que beaucoup des proches de Nicolas devinrent de grands admirateurs de ses créations.
Certaines pièces de Nicolas Brodbeck sont aujourd’hui exposées au Musée des arts et métiers de Laval. Après avoir chanté pendant 30 ans dans le Chœur de Laval, il profite maintenant de son temps libre pour chanter pour la chorale de l’église Ste-Rose.
En terminant, Nicolas utilise une expression très forte qui représente bien tout le travail accompli pour qu’il arrive à vivre de son art :
“C’est en forgeant que l’on devient forgeron.”
YOLANDE LAPALICE DANEAU
Née à Montréal , Yolande Lapalice Daneau déménage vers l'âge de 11 ans dans le bas St-Thérèse où elle vit avec ses 4 sœurs et ses deux frères. À 14 ans, elle commence à travailler dans un bureau après avoir fréquenté une école commerciale. Elle travaille pour un magasin de meuble rustique où elle y fait la comptabilité, les factures, les paies. Amoureuse de son travail, elle y reste une dizaine d'années.
En 1973 , à la suite d'angoisses, elle s'inscrit à des cours de cheminement personnel où on lui donne le conseil d'essayer la peinture. Lors de ces cours, elle expérimente différentes techniques comme le dessin, différents types de peintures, etc. Elle nous explique en avoir tiré la force de chacun de ses professeurs.
En 1995, Yolande nous dit avoir « trouvé son style » à la suite d'un cours de pastel; elle explique avoir transposé les techniques apprises lors de ce cours de pastel à la peinture à l'huile ce qui a donné vie à son identité artistique .
Suite à cet événement, elle raconte s'être libérée . L'art est devenu une manière pour elle d' exprimer plus facilement ses émotions.
«Quand je peins, ce sont des moments d'éternités, je me sens vraiment connectée avec mon art».
Lorsqu'elle déménage dans le quartier Ste Rose à Laval, elle devient membre de la société de développement du vieux St-Rose . Un bon matin, elle se lève avec la ferme conviction d’essayer de faire quelque chose de significatif pour sortir les artistes de leur atelier. C'est à ce moment précis qu'elle décide de fonder Rose-Art , une association d'artistes qui a aujourd'hui une galerie dans la vieille Caserne à Ste-Rose. Au même moment où elle découvre son style , Madame Lapalice Daneau va dans un petit symposium privé d'une trentaine de personnes et décide d' apporter l'idée à Ste-Rose. En 1996, a lieu le premier symposium de Rose-Art.
Aujourd'hui, Yolande fréquente régulièrement l'atelier art intuitif, un lieu créé par une de ses filles. Elle explique que cet endroit est devenu un vrai terrain de jeu pour elle.
« J'arrive ici et tout est prêt pour que je puisse peindre. » dit Yolande qui a transmis sa passion pour l'art à ses deux filles.
En terminant, mentionnons que Yolande est constamment à l'origine d'échanges enrichissants et qu’on pourrait discuter avec elle toute la journée. Nous vous souhaitons avoir le plaisir de la rencontrer et de discuter avec elle de sa passion pour son art.



